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Antoine Blondin : portrait d'un écrivain

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le 10 Avril 2009 16:40
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Dans : Route

Antoine Blondin (1922-1991) est étoile dans l'histoire de la littérature française. Son amour du cyclisme n'est qu'une des innombrables facettes de cet écrivain si doué, si attachant... et terriblement humain.

Après de multiples prix et  récompenses à l'école, Antoine Blondin  devient  le brillant lauréat du Concours Général et titulaire d'une licence de lettres à la Sorbonne.  Sous l'Occupation, il est envoyé en Allemagne dans le cadre du  STO,  qui lui inspire L'Europe buissonnière (1949 - Prix des Deux-Magots).  Ce  premier roman lui permet de capter l'attention d'auteurs comme Marcel Aymé qui lui accorde  aussitôt son  amitié.

Entre Stendhal et renard
Ses romans suivants (Les Enfants du bon Dieu, L'Humeur vagabonde) confirment qu'Antoine Blondin est doté d'une superbe plume. Un  style concis et limpide que certains situent entre Stendhal et Jules Rernard ! Ses textes sont à la fois sobres et brillants, truffés de métaphores poétiques, de jeux de mots et de citations littéraires. Journaliste engagé à droite, il collabore à de nombreux journaux et notamment à la presse monarchiste. Il est aussi lié au groupe des Hussards et participe à l'aventure de La Table Ronde.

Bègue surdoué
Antoine Blondin  devient l'un des plus célèbres noctambules du quartier de Saint-Germain-des-Prés où il multiplie les virées dans les bars et accumule les arrestations dans un état d'ébriété avancé ! Un  bègue surdoué qui parle  mieux quand il avait bu ! Une passion pour l'alcool qu'il évoque avec des accents céliniens  dans  le célèbre Un singe en hiver  (1959) que Henri Verneuil   adapte  pour le cinéma trois ans plus tard (avec Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo).

Un style Homérique
Antoine Blondin met également son immense talent au service du journalisme sportif. Il suit pas moins de 28 Tours de France et 7 Jeux Olympiques pour le journal L'Equipe !  Ses articles  -ses chroniques plutôt-  sont comme à nul autre pareil, emplis de culture littéraire. Un style homérique quand il évoque par exemple le passage des coureurs du Tour dans le terrible Col du Galibier !
Cet hymne aux champions qui se surpassent est tout simplement bouleversant : « Etant entendu que nous rêvons d'archanges à roulettes, dont la blancheur ne risquerait pas de se ternir au contrôle, et qui nous donneraient une estimation flatteuse du cheptel humain, j'émets l'opinion personnelle qu'il y a, malgré tout, une certaine grandeur chez des êtres qui sont allés chercher dans on ne sait quel purgatoire le meilleur d'eux-mêmes. On a certes envie de leur dire qu'il ne fallait pas faire ça, mais on peut demeurer secrètement ému qu'ils l'aient fait. Leurs regards chavirés nous sont une offrande ». Voilà pour le côté pile.

« La face cachée de la lune»
Le côté face, c'est bien sûr ce fléau -encore hélas d'actualité- qu'est le dopage, à propos duquel Antoine Blodin écrit ceci : « Nul ne disconviendra que le dopage puisse être une pratique catastrophique, l'arme illusoire des plus faibles, une épingle de nourrice. À travers lui, une planète où tout devrait s'affirmer dans une allégresse contagieuse – l'audace, le courage, la santé –,  une planète révèle qu'elle possède aussi sa face d'ombre où tout se tait. C'est la face cachée de la Lune, avec ses vallées de la ruse, ses cratères du soupçon, ses mers de la répression. C'est la face cachée de la lutte .»

Sa biographie : Alain Cresciucci, Antoine Blondin, Gallimard, coll. « NRF biographies », Paris, 2004

 

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