Le rôle du directeur sportif : comment ? Quand ?
légende photo : Le directeur sportif pendant la course
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le 19 Octobre 2009 15:24
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Dans : Route
Julien Jurdie, directeur sportif de l'AG2R-la Mondiale, revient sur son rôle de directeur sportif, cette fois-ci il nous plonge dans l’univers de la course …
Le briefing
“Je le fais soit dans le camper de l’équipe, soit dans le bus suivant le véhicule dont nous disposons. C’est une répétition des choses dites la veille, mais là j’attribue devant le groupe un rôle à chacun. Il y aussi la distribution des oreillettes, et la vérification de leur fonctionnement. On regarde une nouvelle fois la carte que j’ai tracé avec les coureurs, on détaille la liste des engagés pour savoir quelles équipes, et quels coureurs sont à surveiller. Je précise aussi aux gars les conditions météo qu’ils auront à affronter. Je me connecte tous les matins sur internet pour voir quels sont les prévisions du jour, si il y a risque de vent, de quel côté il peut venir si il est du Nord du Sud, si il risque de pluie, d’orages, etc... On met en place la tactique à tenir pendant le briefing. S’il y a un classement par équipes, on insiste sur le rôle du troisième homme. On insiste sur la vigilance du début de course. La première heure est toujours primordiale.”
La course
“Il y a un fort moment de tension entre le départ et la première heure de course. Je demande d’ailleurs aux coureurs entre le départ fictif et le réel de rester attentifs, de ne pas papoter de droite à gauche. Cela peut bouger et embrayer dès le baissé du drapeau. Il faut être « dedans ». Quand un coup part sans nous, mon expression favorite est de dire “Eh, les gars, le peloton s’échappe sans nous !”
Mon rôle, une fois la course partie, est de placer les meilleurs éléments de l’équipe, à l’avant de la compétition lors des moments clés de celle-ci. Quand il y a une possibilité d’arrivée au sprint, je demande à ce que l’on protège notre sprinter. C’est la même tactique au pied d’un col pour les grimpeurs. J’indique aussi les changements de vent et de direction, encourage ceux qui sont devant, ou les autres qui connaissent une défaillance. Quand l’écart est suffisant, je monte voir les échappées.
Sur les grandes épreuves, nous sommes deux directeurs sportifs. Il y en a un qui “couvre” les échappées, et l’autre qui reste pour dépanner les autres membres de l’équipe. Après la course, c’est l’heure d’un petit débriefing, plus facile sur les épreuves par étapes que sur les courses d’un jour. Lorsque les coureurs ne doivent pas quitter l’épreuve rapidement.
Les aspects psychologiques
“La psychologie est importante dans notre métier, admet Julien Jurdie. On est toujours au contact du coureur, quand ce dernier n’est pas en course, on prend de ses nouvelles, on lui demande comment il va, quelles sont ses sensations. Si, par exemple, il connaît de petits bobos. Un directeur sportif doit avoir une main de fer dans un gant de velours. Il doit leur laisser une certaine liberté sans exagérer. Il faut trouver un juste milieu de connivence, ne pas être copain mais ne pas être martial non plus. Et surtout ne pas perdre de vue les objectifs de l’équipe, le cyclisme est un sport médiatique, il s’agit donc de mettre de la pression quand elle est nécessaire mais de ne pas le faire non plus de manière exagérée. Il faut savoir doser tout cela.”
(1) : Julien Jurdie est le Directeur sportif de l’AG2R-la Mondiale
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